Je ne sais pas ce que je veux : 5 étapes (et un mode d'emploi) pour vous aider à y voir clair
Imaginez la scène.
Vous êtes assis dans un restaurant chic, la nappe est blanche, le serveur se tient là, stylo en l'air, avec ce sourire poli qui cache de plus en plus mal son impatience. Devant vous, un menu de 50 pages. Et vous ? Vous fixez la carte avec l'envie pressante de vous fondre dans le décor, voire de disparaître purement et simplement sous la nappe en lin, parce que face à ces 50 pages remplies de ce que vous n’aimez pas, de ce que vous aimez, un peu, beaucoup, ou que vous ne connaissez pas mais n’osez pas essayer, c’est le trou noir. Impossible de faire un choix.
Si cette image vous fait sourire (même « jaune »), sachez une chose essentielle : vous n'êtes pas seul(e). Et surtout, votre cerveau n'est pas en panne. Dire « Je ne sais pas ce que je veux » n'est pas un signe de faiblesse ou de vide intérieur.
C'est souvent le symptôme d'un trop-plein. Trop de bruit, trop d'options, trop d'injonctions contradictoires venant de la société, de la famille, ou de ce petit juge intérieur qui commente votre vie en direct.
Cet article n'est pas une énième liste de « recettes miracles » qui vous promettront de trouver votre voie en claquant des doigts avant le café de 10 heures.
Considérez-le plutôt comme une invitation à une exploration intérieure, une promenade où nous mêlerons le pragmatisme de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) à la poésie de la nature et des sens.
Nous allons apprendre à faire le tri, à écouter ce qui vibre vraiment en vous, et peut-être, à accepter que ne pas savoir est parfois le premier pas vers un choix qui vous ressemble enfin.
RAPPEL : Pourquoi « ne pas savoir » est parfois une stratégie de survie (inconsciente)
Souvent, nous ne savons pas ce que nous voulons pour une raison extrêmement logique, bien que totalement inconsciente : si nous le savions, nous serions obligés d'y aller. Et ça, c'est terrifiant.
La peur du changement...
Le changement, même désiré, est une menace pour notre cerveau reptilien qui adore la sécurité du connu, même si ce connu est inconfortable. Rester dans le brouillard de l'indécision, ou en plein blocage émotionnel, c'est une stratégie de défense redoutable. C'est ce qu'on appelle en psychologie un «bénéfice secondaire».
Tant que vous ne choisissez pas, vous ne pouvez pas vous tromper. Tant que vous restez dans le flou, vous êtes en sécurité. Vous êtes au point mort : le moteur tourne, vous consommez de l'énergie, vous faites du bruit, mais la voiture n'avance pas. C'est rassurant, car on ne risque pas le crash, mais avouons-le : c'est terriblement frustrant de regarder le paysage changer sans jamais quitter le parking...
ETAPE 1 – faire l’inventaire de ce que vous ne voulez plus.
L’astuce de la PNL.
Par où commencer quand la boussole est affolée ? Par la soustraction.
En PNL, on apprend souvent que la détermination d'un objectif commence plus facilement par la définition de ce que l'on veut éviter. Il est parfois plus simple de dire « Je ne veux plus manger de gluten » que de définir le régime parfait de ses rêves.
(Attention, ce n’est que la 1ere étape, en PNL un objectif est toujours formulé positivement et avec précision).
Petit exercice de tri.
Prenez un carnet et listez vos « Polluants » du quotidien.
- Qu'est-ce qui vous draine/vous vide?
- Quelles sont les situations qui vous laissent une boule au ventre le dimanche soir?
- Quels sont les gens avec qui vous vous sentez petit(e)?
- Etc.
Parce qu’une image est toujours plus percutante qu’un long disours.
Voyez cela comme un jardinier qui s'apprête à planter de magnifiques fleurs. Avant de mettre la moindre graine en terre, il doit désherber. Si vous plantez des roses sur un lit d'orties et de chiendent, elles étoufferont avant même d'avoir fleuri.
Faire l'inventaire de ce que vous ne voulez plus, c'est désherber votre terrain mental. C'est ingrat, ça peut salir les mains, mais c'est la condition sine qua non pour que la suite puisse pousser dans les meilleures conditions.
ETAPE 2 – Se Reconnecter à vos sensations (Le corps ne ment jamais...)
Une fois le terrain nettoyé, il faut arrêter de penser et commencer à ressentir. Notre mental est un expert pour nous dire ce que nous « devrions » vouloir : un poste à responsabilités, une maison à la campagne, un partenaire parfait selon les critères sociaux.
Mais votre corps, lui, ne connaît pas la politique ou les convenances. Il connaît votre vérité.
Le soutien de l’aromachologie.
C'est ici que l'aromachologie peut devenir un allié surprenant. Les odeurs ont la capacité unique de court-circuiter le néocortex (la partie du cerevau qui analyse trop) pour toucher directement le système limbique, le siège des émotions.
L’odeur du bois de Santal vous apporte calme et sérénité, celle du Niaouli aide à retrouver confiance en soi, celle du petit grain combava que tout est possible.
Tout un panel d’huiles essentielles et d’odeurs pour vous sentir dans les meilleurs conditions quand le moment de planter vos nouvelles fleurs sera venu.
Petit exercice d’écoute intérieure.
Vous êtes face à une option.
Fermez les yeux et écoutez votre corps : Est-ce que ça se resserre ? Est-ce que ça s'allège ?
La différence entre une envie « mentale » et un élan viscéral se joue souvent dans la poitrine ou le ventre.
L'intelligence émotionnelle, c'est cette capacité à faire confiance à ce ressenti corporel avant même d'avoir construit l'argumentaire logique. Si votre corps dit « non » alors que votre tête dit « oui, c'est logique », faites confiance au corps. Il a souvent raison avant vous.
ETAPE 3 – Interroger les symboles et les archétypes.
L’approche « Tarot Symbolique ».
Parfois, les mots sont trop lourds, trop précis, trop limitants. Quand le langage bute, les images prennent le relais. C'est tout l'intérêt d'interroger le Tarot Symbolique qui vous interroge inconsciemment à travers les symboles et archétypes que les Tarot mettent en scène.
Attention, il ne s'agit absolument pas de voyance ou de prédire l'avenir. Le Tarot est un miroir. C'est un outil projectif puissant, qui permet de mettre les choses à distance émotionnellement. Cela permet de débloquer des ressources inconscientes et de voir sa situation sous un angle nouveau, presque poétique, là où la logique tournait en rond.
Petit exercice d’exploration.
Si vous avez un Tarot sous la main ou à proximité : Si votre situation actuelle était une carte, laquelle seriez-vous ? Et vers laquelle souhaiteriez-vous aller ? Répondez sans réfléchir pour commener, observez juste et écoutez votre 1ere intuition. Vous pourrez ensuite réfléchir à ce qui vous a guidé à ce choix : que voyez-vous ? Comment l’interprétez-vous ? Etc. (par rapport à votre situation actuelle, pas en vous basant sur des « significations générales »).
Vous n’avez pas de tarot ? Vous pouvez retrouver des représentations des arcanes sur internet..
Mais vous pouvez aussi utiliser d’autres supports : des oracles, des photos de paysage, de œuvres d’art, etc.
ETAPE 4 – « Décanter », ou l’art de ne rien faire.
Le cadeau de la sylvothérapie.
Si les mots et les images ne suffisent pas, il est temps de sortir. Littéralement.
La sylvothérapie n'est pas une mode de citadins en quête de détox, c'est une nécessité biologique.
Notre cerveau urbain, saturé de notifications et de stimuli, est incapable de décantation. Le silence de la nature, la texture des écorces, la lumière filtrant à travers les feuilles agissent comme un reset.
Sortir du cadre urbain, c'est accepter de laisser le silence répondre à la question que votre mental hurle. La clarté mentale ne se force pas ; elle émerge quand le bruit de fond s'arrête.
Petit exercice de déconnexion/reconnexion.
Allez marcher. Sans podcast, sans téléphone (enfin si, avec un téléphone pour des raisons de sécurité, mais du coup en silencieux et sans vibreur).
Prenez le temps de marcher, lentement, d’observer tout ce qui vous entoure, d’écouter ce faux silence ( le bruit du vent, des feuilles, les craquements des arbres, le bruit de l’eau, les oiseaux, etc.).
Au début, ce sera inconfortable. Votre cerveau, en manque de dopamine facile, va protester, vous envoyer des listes de courses ou des souvenirs embarrassants de 2008. Laissez les passer.
C'est après cette tempête initiale que la magie opère. C'est dans cet espace vide, ce « non-faire », que votre esprit arrête de courir après les réponses et commence à les laisser venir à lui. La clarté ne se chasse pas ; elle se cueille quand on a enfin le courage de s'arrêter.
ETAPE 5 – Passer du « Quoi » au « Pourquoi ».
Le coeur du coaching.
Souvent, notre indécision vient du fait que nous nous focalisons sur le « Quoi ». « Je veux un nouveau job », « Je veux déménager », « Je veux changer de partenaire ». Mais le « Quoi » est changeant, instable.
Ce qui reste, ce qui guide vraiment, c'est le « Pourquoi ». Vos valeurs.
On ne veut pas vraiment un nouveau job ; on veut de la liberté, de la créativité ou de la reconnaissance. On ne veut pas vraiment un partenaire ; on veut de la sécurité, du partage ou de la passion.
Petit exercice de construction.
Je vous propose de vous reconnecter à vos valeurs (attention, ici, de façon simplifiée, car c’est un travail qui demande du temps) :
- 1er étape : Quelles sont vos valeurs – différentes propositions « rapides » pour les trouver : vous avez déjà consciences de certaines, vous pouvez vous référer à des personnes que vous considérez comme des modèles (vous les admirez pour des valeurs que vous partagez), vous pouvez trouver une liste de valeur sur internet.
- 2eme étape : Réduire la sélection aux 5 ou 6 valeurs les plus importantes pour vous.
- 3eme étape : Repartir de votre sujet de réflexion du moment – par exemple « je veux un nouveau job » puis demandez-vous :
- est-ce que mes valeurs sont satisfaites dans mon job actuel ?
- si non, que dois-je changer pour que ça devienne le cas ? L’endroit où je travaille ? Les personnes avec qui je travaille ? Leur façon de « fonctionner » avec moi? Ce que je fais dans ce travail ? Comment je le fais ?
Il s’agit d’autant de pistes qui vous permettront de définir Pourquoi vous voulez changer de job, et donc à quoi faire attention dans le choix de ce nouveau job.
BONUS – Petit mode d’emploi « comment ne pas s’autosaboter en chemin ? ».
- Vous avez les étapes, vous avez la carte. Mais attention, le chemin de la clarté est parsemé de pièges, dont le premier est vous-même. Voici votre kit de survie pour ne pas tout faire capoter en cours de route :
- Arrêtez de demander l'avis à la Terre entière. L'opinion des autres est un parasite. Votre mère, vos amis, vos collègues ont leurs propres peurs et leurs propres projets. Leur donner la clé de votre boussole est la meilleure façon de vous perdre. Écoutez-les avec bienveillance, puis rangez leurs avis dans un tiroir.
- Acceptez l'imperfection du premier pas. Vous n'avez pas besoin de voir tout l'escalier, comme le disait Martin Luther King. Vous avez juste besoin de voir la première marche. Elle sera peut-être bancale, tant pis. L'action imperfective vaut mieux que l'inaction parfaite.
- Célébrez les « petits non ». Chaque fois que vous dites « non » à quelque chose qui ne vous correspond pas, vous faites de la place pour un « grand oui ». C'est une victoire, pas un échec.
- Soyez honnête sur l'inconfort. Oui, ça va être inconfortable. Changer, c'est sortir de sa zone de confort. Mais rappelez-vous cette vérité : l'inconfort de la croissance est infiniment préférable à la douleur de la stagnation. La stagnation est une douleur sourde, qui use. La croissance est une douleur vive, qui construit.
Pour conclure avec ce long article :
Apprenez à être doux/douce avec vous-même. Vous avez le droit d'être en chantier. Nous sommes tous des édifices en construction. Même les cathédrales les plus majestueuses, celles qui nous font lever la tête d'admiration aujourd'hui, ont eu leurs échafaudages, leurs zones de poussière, leurs périodes où l'on ne voyait pas à quoi ressemblerait la voûte finale.
Ne jugez pas votre beauté intérieure sur la base de vos échafaudages actuels.
Si malgré ces cinq étapes et ce mode d'emploi, le brouillard reste trop épais, si vous tournez en rond malgré toute votre bonne volonté, sachez que vous n'êtes pas obligé(e) de traverser ce chantier seul(e).
Parfois, avoir un regard extérieur, bienveillant et un brin taquin, est exactement le coup de pouce qu'il nous faut pour faire accélérer les travaux.


